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20.07.2005
Enki Bilal
Les Balkans, dira-t-on*
Enki Bilal est un surdoué touche-à-tout, entre autres.
Ce qui a fait la réussite de ses BD, ce n'est pas seulement un style si particulier, au crayonné épais voire apparent. Bilal, c'est aussi des scénarios et des thèmes intelligents. Les Phalanges de l'Ordre Noir, Le vaisseau de pierre, Partie de chasse ou encore Le sommeil du Monstre nous invitent à réfléchir à la nature de l'humanité, à ses contradictions, ses angoisses.
Enki Bilal a eu moins de succès avec le cinéma : Bunker Palace Hotel, Tykho Moon et Immortel (adaptation de la trilogie de Nikopol) n'ont reçu qu'un acccueil mitigé du grand public. Il est possible que le charme de la BD ne passe pas aisément à l'écran. Ajoutons que Bilal prend des libertés pour adapter ses oeuvres à l'écran, ce qui peut dérouter les fans purs et durs.
Bilal a enfin illustré des romans de SF : des recueils de nouvelles, mais également Herbert George Wells (L'homme invisible, La guerre des mondes, La machine à explorer le temps) et Ray Bradbury (Farenheit 451, Chroniques martiennes) chez Gallimard, ou encore Jules Vernes (De la Terre à la Lune, Vingt mille lieues sous les mers, Michel Strogoff, Maître Zacharius) chez Folio.
Enki Bilal, né en Yougoslavie (son père était le tailleur attitré du Maréchal Tito), est obsédé par la dictature et toutes les formes de pouvoirs autoritaires, probablement parce que sa famille en a fui un. Son oeuvre nous parle de la mémoire, de la religion, des guerres ethniques, de la Seconde Guerre Mondiale...
Et son combat pour la liberté continue.
*oui, elle est facile... mais Kronos est également originaire des Balkans, de l'autre côté de la Drina pour être précis.
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